La FGTB est rassurée qu’un Accord gouvernemental ait été trouvé et que chacun ait enfin pris ses responsabilités en vue d’apporter un peu de stabilité à notre pays.
Toutefois, bien qu’ayant noté certaines avancées par rapport au projet mis sur la table par feu l’orange bleue, la FGTB doit faire le constat que le l’Accord gouvernemental, en plus d’être imprécis et non chiffré, ne répond pas aux problèmes de pouvoir d’achat des travailleurs!
Pire, il apporte son lot de nouveaux dangers. Il lance aussi un signal extrêmement dangereux pour l’avenir, avec un déni des enjeux majeurs liés au vieillissement.
Au regard de quelques unes de ses revendications phares (Mémorandum FGTB d’avril 2007) et de son cahier de revendications en matière de pouvoir d’achat, la FGTB note trois orientations dangereuses pour l’avenir économique et social de la Belgique:
1. L’Accord de gouvernement est un accord virtuel en matière de pouvoir d’achat.
Aucune décision concrète n’est prise pour des améliorations du pouvoir d’achat à court terme. Quelques bons principes sont gardés (confirmation et renforcement des mécanismes de liaison au bien-être, amélioration des pensions) mais, bien qu’on augmente le montant des allocations en début de période, on touche à l’assurance chômage par un mécanisme de dégressivité dont vont faire les frais les plus fragilisés de notre société. Par ailleurs, rien sur la baisse de la TVA sur le gaz et l’électricité ou encore sur un crédit d’impôt social, chers à la FGTB. La “patate chaude” est largement renvoyée aux partenaires sociaux…sans aspects contraignants en matière de pouvoir d’achat.
2. Nous retrouvons une philosophie libérale marquée par un individualisme débridé et une flexibilité accrue (de “la sécurité de l’emploi vers la sécurité de travail”).
En effet, outre la reconduction de la mesure des intérêts notionnels, le cadre posé prévoit de nouvelles réductions de charges pour le travail en équipe et le travail de nuit, encourage les heures supplémentaires, ouvre la porte à l’intérim -dans les services publics- et à l’épargne temps! Contrairement à ce que certains essayent de faire croire, l’épargne-temps constitue un recul majeur en termes de droits et de protection des travailleurs: c’est un pas vers plus d’individualisation des rapports de travail (ce système prévoit que le travailleur finance lui-même ses aménagements du temps de travail). Enfin, c’est bien à une réforme fiscale libérale que l’on a affaire: contrairement aux attentes de la FGTB, elle n’est pas ciblée que sur les bas et les moyens salaires, ce qui rabote l’impact espéré pour ceux qui en ont le plus besoin.
3. Rien n’est prévu pour pouvoir répondre au vieillissement.
Le texte de l’Accord ne parle même plus du financement du Fonds de vieillissement. L’accord gouvernemental dit vouloir réaliser des surplus budgétaires pour préparer le vieillissement. Pour la FGTB, ce n’est pas en réduisant les cotisations ou l’impôt et en ne prévoyant aucune nouvelle mesure dans le cadre d’une fiscalité plus équitable (taxation du capital, des plus values,..) que la Belgique pourra renforcer le financement du coût du vieillissement.
Enfin, la FGTB reste préoccupée par les intentions politiques liées aux deuxième paquet de la réforme de l’Etat (La FGTB pense, entre autres, à la concurrence fiscale déloyale entre Régions et Communautés). La FGTB continuera à défendre la solidarité entre tous les travailleurs, une sécurité sociale fédérale forte, des conventions collectives de travail et un droit du travail fédéraux.
La FGTB lance un appel pour que les forces progressistes se mobilisent en vue de rencontrer efficacement et durablement les intérêts des travailleurs et des allocataires sociaux.