La proposition de Monsieur Guy Quaden d’alléger l’index sur les gros salaires n’engage que le Gouverneur et est inacceptable pour la FGTB.
D’une part, contrairement à ses attentes, la proposition ne constitue pas une réponse aux problèmes de pouvoir d’achat des bas et des moyens revenus. Ceux-ci ne recevraient pas un euro supplémentaire par cette opération.
D’autre part, avec cette option, le risque d’instaurer une politique à deux vitesses deviendrait bien réel. Ainsi, la proposition est dangereuse car elle ignore le mécanisme de solidarité: l’indexation ne permet pas uniquement d’adapter les salaires, elle a aussi un impact sur les cotisations personnelles et patronales à la sécurité sociale. Une indexation plus faible des gros salaires signifierait de plus faibles cotisations pour les caisses de la sécurité sociale.
En outre, pourquoi les gros salaires continueraient-ils à cotiser à la sécurité sociale s’ils ne sont plus indexés? Et comment motiver des citoyens à participer à un système qui ne leur apporte plus grand-chose…?
Enfin, la piste proposée ne résout pas le fond du problème, à savoir la cause de l’inflation. Pour la FGTB, le fait que l’inflation est plus élevée chez nous que dans les pays voisins est en grande partie dû à une augmentation plus forte des prix de l’énergie en Belgique.
La FGTB ne tolèrera pas que l’on touche à notre système d’indexation. Le Premier-Ministre ne dit d’ailleurs pas autre chose dans son message à la Chambre hier, rappelant ainsi à l’ordre le ministre des Finances, Didier Reynders, qui aurait fait une ouverture dans ce sens au niveau européen. La FGTB en appelle à ce que le Gouvernement défende notre indexation sans ambiguïté, à quelque niveau que ce soit, belge ou international.
Pour conclure, la FGTB tient à relever les propos de Monsieur Quaden, pour qui les salaires ne sont pas responsables de l’inflation.
Selon la FGTB, les réponses à apporter à l’augmentation des prix sont d’ordre fiscal. Nous pensons à la baisse de la TVA sur le gaz, l’électricité et le mazout à charge des secteurs, à l’intervention domicile-lieu de travail à charge des employeurs, et à une baisse d’impôt ciblée sur les bas et moyens revenus. Ces propositions concrètes ont d’ailleurs été scandées par quelque 100.000 manifestants en front commun à travers toute la Belgique ces 9, 10, 11 et 12 juin derniers.